CERCLE CULTUREL ROYAL
CERCLE CULTUREL ROYAL

LOUIS XII

Louis XII, né le 27 juin 1462 au château de Blois et mort le 1er janvier 1515 à Paris, surnommé le « Père du peuple » par les états généraux de 1506, est roi de France de 1498 à 1515. Durant son règne, il dut faire face aux guerres d'Italie, notamment la troisième et la quatrième qui s'achève avec la victoire de Marignan en 1515 et, au plan intérieur, la réforme de la justice et des impôts. Son image fut cultivée après sa mort comme symbole d'une monarchie modérée, s'appuyant sur les états généraux, par contraste avec la monarchie absolue.


 

Duc d'Orléans

Jeunesse

Louis d'Orléans est le fils de Charles d'Orléans, le prince poète, et de Marie de Clèves. Il est le petit-fils du duc Louis Ier d'Orléans (frère cadet du roi Charles VI), qui fut assassiné en 1407 par le duc de Bourgogne Jean sans Peur. Il est l'arrière-petit-fils de Charles V. Orphelin de père à trois ans, il est pris en tutelle par Louis XI, qui lui prodigue une sévère éducation.

En 1476, Louis XI organise son mariage avec sa fille Jeanne (Jeanne de France, née le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi), difforme, physiquement estropiée (boiteuse) : Louis XI espère ainsi provoquer l’extinction de la branche d’Orléans, qui menace toujours la branche aînée des Valois directs. Au moment du mariage de sa fille et du futur Louis XII, Louis XI aurait cyniquement glissé à l'un de ses confidents « (…) pour ce qu'il me semble que les enfants qu'ils auront ensemble ne leur coûteront point cher à nourrir (…) ».

Après avoir accédé au trône, Louis XII s'empresse en 1498 de faire annuler ce mariage par le pape Alexandre VI pour non-consommation, s'appuyant sur le traité de Langeais qui stipule que le successeur de Charles VIII doit épouser sa veuve. Jeanne la Boiteuse conteste cette procédure en vain, en déclarant au procès que « bien qu'elle sache très bien qu'elle n'est ni aussi jolie ni aussi bien faite que les autres femmes », son mariage a bel et bien été consommé. Le mariage est néanmoins annulé, Jeanne se retire au couvent à Bourges pour fonder, ultérieurement, l'ordre des religieuses de l'Annonciade, destiné à honorer la Sainte Vierge, plus particulièrement dans le mystère de l'Annonciation. Morte en odeur de sainteté, elle est canonisée par le pape Pie XII en 1950.

Le rebelle

Demi-teston de Louis XII dit le Père du peuple, 1514.

À la mort de Louis XI, il échoue à obtenir la régence aux états généraux de Tours, confiée à Anne de Beaujeu.

Statue équestre de Louis XII sur la façade du château de Blois.

Après les péripéties de la guerre folle, il est fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, en juillet 1488. Gracié après trois ans de détention (qu'il passe dans les prisons d’Angers, de Sablé, de Lusignan, de Poitiers, de Mehun-sur-Yèvre et de Bourges), il suit son cousin, le roi Charles VIII, en Italie où il tente en vain de conquérir le duché de Milan à son profit.

Roi de France

Le 7 avril 1498, Charles VIII meurt accidentellement sans enfant survivant. Louis se rend au château d'Amboise le lendemain pour rendre hommage au corps du défunt : il y est reçu et honoré par la Cour comme souverain. Les fiefs, possessions et prétentions des Orléans rentrent dans le giron de la monarchie. Dès son accession au trône, il manifeste cependant un désir profond de ne pas rompre avec la tradition des Valois. Sa célèbre phrase, « le roi de France ne venge pas les injures faites au duc d'Orléans », témoigne de sa volonté de réconciliation et de continuité.

En échange du Valentinois érigé en duché, qu'il donne à César Borgia, fils du pape Alexandre VI, il obtient l'annulation de son premier mariage et épouse à Nantes le 8 janvier 1499 Anne de Bretagne, la veuve de Charles VIII, qui avait hérité, en vertu de leur contrat de mariage, de l'ensemble des prétentions des rois de France sur le duché. La Bretagne reste ainsi dans l'orbite de la France, mais le nouveau contrat de mariage spécifie que l'héritier du royaume ne pourra être héritier du duché. Il signe un traité comprenant deux lettres, l'une pour le mariage comprenant cinq clauses est publiée le 7 et la deuxième publiée le 19 janvier 1499 de treize clauses comprenant des dispositions générales concernant le duché de Bretagne dont le rétablissement de la souveraineté d'Anne de Bretagne sur son duché (rétablissement des Chancellerie, Conseil, Parlement, Chambre des comptes, Trésorerie, Justice, monnaie et séparation des deux couronnes).

Une conséquence mineure de ce mariage est qu'il y a continuité dans la vie culturelle de la Cour : parmi les poètes de Cour, on peut citer l'humaniste italien Fauste Andrelin de Forlì.

Traité de paix établi entre Louis XII, roi de France, et Agostin Barbarigo, doge de Venise. Acte rédigé en langue latine, à Blois, le 15 avril 1499. Archives nationales.

Dès 1499, il reprend la politique italienne de son prédécesseur en ajoutant cependant à la prétention des Anjou sur le royaume de Naples, celle des Orléans sur le duché de Milan. Après avoir conquis le Milanais, il devient maître d'une grande partie de la péninsule.

Le 22 septembre 1504, il signe le traité de Blois, qui prévoit le mariage de sa fille, Claude de France, avec le futur Charles Quint, et celui de sa nièce Germaine de Foix à Ferdinand II d'Aragon, le roi cédant alors à sa nièce ses droits sur le royaume de Naples. À la demande des états généraux de Tours de 1506, sa fille est finalement fiancée à François d'Angoulême (le futur François Ier). C'est également lors de ces états généraux qu'il est officiellement nommé « Père du Peuple », le chanoine de Notre-Dame, Thomas Bricot, étant chargé de cette mission. Ce titre lui avait été accordé en raison de l'ordre intérieur dans lequel il avait maintenu le royaume, la baisse de la taille d'un quart de son montant, et la réforme de la justice accomplie entre 1499 et 1501. Sa politique expansionniste justifiait aussi ce titre de « Père du Peuple », plutôt que le titre plus habituel de « Fils du Peuple » ou encore de Pater Patriæ.

Louis XII quitte Alessandria pour reprendre Gênes en 1507.

La même année, il est chassé de Naples par Ferdinand d'Aragon (Ferdinand le Catholique) et perd le Milanais six ans plus tard. Les adversaires de la France s'allient et forment la Ligue catholique (ou Sainte Ligue) constitué le 5 octobre 1511 par le pape Jules II. En 1513, la défaite de Novare met fin à ses ambitions italiennes.

L'essentiel des guerres sous le règne de Louis XII se déroulent en territoire italien. Toutefois, quelques batailles se jouent à l'intérieur des frontières françaises. En 1512, l'Aragon s'empare de la Haute-Navarre. En 1513, les Suisses assiègent Dijon. En août de cette même année, les Anglais remportent la victoire de Guinegatte. Par des traités séparés, dont le contesté traité de Dijon, Louis XII disloque la Sainte Ligue.

Monument funéraire de Louis XII et Anne de Bretagne dans la nécropole de la basilique Saint-Denis.

Louis XII administre son domaine avec intelligence. Il utilise les recettes des impôts pour le bien du pays en entretenant le réseau routier. S'il diminue la taille, il augmente toutefois les impôts indirects. Son principal ministre est le cardinal Georges d'Amboise. Il renouvelle la Pragmatique Sanction de Bourges assurant une marge de liberté dans le choix du clergé. Ceci lui vaut l'image d'un roi chevalier, juste et chrétien, par ailleurs empreint de tolérance à l'égard des protestants vaudois du Luberon, et celle d'un nouveau César. Il est le premier à mettre à ce point en avant l'image de la reine (Anne de Bretagne).

Les dernières volontés et souffle de Louis XII, peint par le Français Merry-Joseph Blondel, musée des Augustins de Toulouse, France.

Devenu veuf le 9 janvier, il se remarie le 9 octobre 1514 à Abbeville avec Marie d'Angleterre, la très jeune sœur du roi Henri VIII d'Angleterre, pour sceller sa réconciliation avec ce dernier.

Affaibli par l'âge, par les hémorragies intestinales à répétition qui ont menacé de le tuer plusieurs fois au cours de sa vie, par les excès et la goutte, il meurt trois mois plus tard, le 1er janvier 1515, en l'hôtel des Tournelles à Paris. Les propagandistes du futur François Ier répandent la rumeur sur sa sénilité, son impuissance et le fait qu'il se serait épuisé dans la chambre à coucher à force de vouloir concevoir un fils avec Marie d'Angleterre.

Il laisse le trône à son cousin et gendre François Ier, époux de sa fille aînée Claude, duchesse de Bretagne.

Vision de son règne

De la Fronde jusqu'au terme du XVIIe siècle, son image est opposée à celle de Louis XI comme représentant d'une monarchie modérée, empiétant peu sur les seigneuries et ne levant pas excessivement d'impôts. Fénelon écrit ainsi, dans sa Lettre à Louis XIV (1694) : « Si le Roi, dit-on, avait un cœur de père pour son peuple, ne mettrait-il pas plutôt sa gloire à leur donner du pain, et à les faire respirer après tant de maux, qu'à garder quelques places de la frontière, qui causent la guerre ? ». Comparé à Louis IX et à Henri IV, le « sage Louis XII » est également loué par Voltaire (Henriade, 1726), Montesquieu ou l’abbé de Cordier de Saint-Firmin. Les défaites militaires sont ainsi éclipsées. L'Académie française va jusqu'à proposer un concours d'éloge du « Père du peuple » cinq ans avant que n'éclate la Révolution française, concours remporté par l'abbé Noël.

L'emblème de Louis XII, le porc-épic, Hôtel de Bourgtheroulde, Rouen.

Sa figure fournit le sujet de pièces de théâtre sous la Révolution (Une journée de Louis XII ou Louis XII Père du peuple de Charles-Philippe Ronsin, jouée en février 1790). Alors que le Panthéon est réservé aux hommes de la Révolution (sauf Descartes, etc.), le député Charles Lambert de Belan tente de faire valoir, en février 1792, une exception pour « les seuls de nos rois qui se soient montrés les pères du peuple ». Avec l'intensification de la Révolution, son aura pâlit.

Cette tendance hagiographique est mise en question au XIXe siècle par l'historien Roederer critiquant ainsi, en 1819, l'usage non scientifique de l'histoire, alors que d'autres font son apologie sous la Restauration6.

Fratrie et descendance


 

Frères et sœurs

Épouses et descendance

Il y a deux principales unions de durée un peu équivalentes, de plus de douze ans ; la première sans descendance et la seconde avec deux filles.


 

 

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